À chaque sortie familiale ou à deux avec Ari en public c'est une prise de conscience. Pas toujours évident pour moi.
Par exemple aujourd'hui c'était le vaccin contre la grippe. Des gens entre 1 an et 80 ans. Des bambins qui courent, s'amusent, rient, pleurent parce qu'ils anticipent LA piqûre. Des jeunes couples qui s'agitent, réconfortent, consolent... D'autres tres relaxent. Des personnes âgées qui sont plus zen et au ralentis. Et nous....
Nous sommes le point de mire de cette grande pièce bondée de gens soucieux de leurs santés. Pourquoi? Parce qu'Arianne ne passe pas inaperçue, incognito. Meme si je voulais faire semblant. Quand elle était bébé ça paraissait moins. Mais à 11 ans? Poussette adaptée ou pas, pcq la voiture n'a pas voulu démarrer. Nous avons marché Arianne, moi, Marilou et Alexandre (le chum de Marilou) qui s'amusaient à gauche, à droite derrière moi. Je les entendais rire, Marilou crier.... Derrière moi.
Je le sais. Chaque fois c'est comme ça. Un bain de gens qui nous regardent. Tantôt dévastés, tantot attendris de la voir sourire et s'amuser avec maman comme une grande fille. Mais une grande fille différente. Collier à la main. Espiègle, curieuse...elle ne sait pas que tout le monde la regarde. Elle ne sait pas que SA différence étonne, frappe, éblouie parfois'!
Moi de mon bord, j'observe, vois, apprécie, savoure, songe à ce que je vis. L'infirmière me félicite, sourit, voit à quel point je me donne. C'est MA vie. C'est ce que je vie tout les jours. Elle sait, elle comprend. Puis un papa nous parle. Tres gentil. Ouvert à sa différence. Il lui parle même si elle ne répond pas. Je le sens sympathique. Il me parle de son garçon qui a des problème de reins. Médications, suivis, inquiétudes....je comprends. La santé de nos enfants c'est precieux. D'avoir un enfant different porte à la confidence. Ce papa sait que je peux comprendre sa douleur d'avoir un enfant malade avec des soins constants.
Je deviens LA personne qui peut écouter. Sans le vouloir. C'est comme ça, nous avons un besoin de dire, d'échanger. Meme Marilou qui etait à côté avec Alexandre a été du sujet. La grande sœur formidable qu'elle est. Celle qui a grandi avec une sœur différente. Celle qui sait à quel point cela peut-être exigeant! Alexandre est près d'elle. Calme, sourire aux lèvres et surtout patient, tres patient. Merci! Il me juge pas.
Apres le vaccin, Arianne veut marcher. Elle ferme les lumières du grand corridor ou nous attendons le 15 minutes apres vaccin. Les gens sourirent, rient en m'entendant dire: "Excusez, on va ouvrir," et j'ouvre les lumières du grand corridor ou nous attendons. Ils ont vu Ariannne et constatent qui est LA grande coupable!
Nous sortons. Un papa s'empresse de venir nous ouvrir la porte...trop tard! La maman a 11 ans d'expérience avec les portes!
Les lecteurs qui viennent me lire reconnaîtront! Je reviens chez moi, en paix mais avec ces
images dans ma tête. De belles images!